« Maman, est-ce qu’il vaut mieux un métier qui vous plaît ou un métier où on gagne beaucoup d’argent ? »

 Cette question que mon fils m’a posée quand il avait 11 ans m’évoque 2 choses :

la première est que la présence du « ou » implique que les 2 (aimer son job et bien en vivre) ne soient pas compatibles.
Qu’est-ce qui explique qu’un enfant de 11 ans puisse avoir cette croyance alors qu’il n’a jamais été confronté au monde du travail ? Certainement la vision qu’il en a eu au travers de nous, ses parents, et peut-être de ce qu’il a entendu autour de lui : famille, copains, radio, …
Je plaide coupable : ma génération porte sa part de responsabilité.  Nous avons grandi dans la peur du chômage et la préoccupation de nos parents au moment de choisir nos études étaient que celles-ci nous conduisent rapidement à un emploi sûr !
En ce qui me concerne, j’ai regardé les types de formation qui correspondaient à mes capacités, dans lesquelles l’insertion professionnelle était rapide…et c’est comme ça qu’après 2 années de prépa, j’ai intégré une école de commerce.
J’ai effectivement toujours trouvé un job rapidement, mais quand arrive la quarantaine et l’heure des premiers bilans, on se rend compte qu’on a un peu laissé de côté son épanouissement…et, par la même occasion, sa motivation !

« Choisis un travail que tu aimes, et tu n’auras pas à travailler un seul jour dans ta vie »

La seconde est que la notion de plaisir dans le travail a bien été intégrée par les nouvelles générations.
Alors qu’ils ont vu (et voient encore) leurs parents subir ou souffrir (burn-out, bore-out, brown-out), alors qu’ils ont accepté le chômage comme une constante incontournable, ils ont une envie : trouver un job qui leur plaît.
Quand je rencontre des jeunes en coaching individuel, c’est toujours leur première demande : « je veux trouver un métier qui me plaît, où je m’épanouis, bref un métier où je n’ai pas l’impression d’aller bosser tous les matins ».
Un des effets positifs de cela, c’est que les jeunes actifs diplômés n’attendent pas la « midlife crisis » pour changer de vie, comme l’explique très bien cet article de La Tribune.

Mais la contrepartie, c’est que la pression au moment de choisir une orientation est énorme. Coincée entre leurs désirs profonds et les inquiétudes parentales sur leur future insertion professionnelle (on ne change pas facilement ses vieux réflexes !), ils ne savent plus que décider.

« Maman, est-ce qu’il vaut mieux un métier qui vous plaît ou un métier où on gagne beaucoup d’argent ? »

Alors quelle réponse apporter à cette question ?
Avec mon fils, je ne suis pas rentrée dans les détails et je lui ai fait une réponse de normand : « et bien en fait, certainement un peu des 2… ».
Avec les jeunes que je coache, il faut prendre en compte le désir de l’enfant et rassurer les parents.
Prendre en compte le désir du jeune, c’est l’amener à se poser les questions de qui il est et ce qu’il attend de sa future vie professionnelle.
Rassurer les parents, c’est amener le jeune à réfléchir à comment il peut relier ses intérêts profonds à la réalité de ses capacités d’une part, et à la réalité économique d’autre part.
En d’autres termes : comment acquérir les compétences nécessaires et que doit-il faire pour vivre de sa passion ?

« Maman, est-ce qu’il vaut mieux un métier qui vous plaît ou un métier où on gagne beaucoup d’argent ? »

Si votre enfant vous pose, à votre tour, cette question, vous saurez quoi lui répondre :
« On peut avoir un métier qu’on aime et qui nous permet de vivre. Pour savoir comment, vient, on va voir un coach ! »

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